y'a bon

Le candidat Sarkozy l'avait promis : avec lui, la repentance, c'est terminé.

Fini la culpabilité collective sur la colonisation, l'esclavage et les diverses politiques d'immigration ayant conduit les banlieues à brûler leurs voitures ou les discothèques à refuser l'entrée à certains enfants du pays.

Le président Sarkozy, suite à un gentil mais ferme chantage de l'ex-président "repentant" Chirac s'est tout de même affiché le 10 mai à la célébration de l'abolition de l'esclavage et prendra probablement ses responsabilités du bout des lèvres lors des diverses commémorations de "repentance".

C'est sans doute bon signe que notre ministre de la Justice soit une beurette (encore qu'on puisse déplorer la nomination d'une probable femme de paille à la tête d'un ministère aussi sensible) mais ce qui est encore un meilleur signe, à mon avis, c'est que le débat soit en train de s'ouvrir dans l'opinion au moment même où le président a été élu pour le clore.

Compte tenu du vieillissement de la population française et du problème qu'ont certains secteurs d'activité (comme le bâtiment ou la navale, par exemple) à recruter de la main d'oeuvre, il semble que la France doive accueillir des centaines de milliers d'immigrés dans les années à venir.

Or, compte tenu des multiples liens qui nous unissent - pour le meilleur et pour le pire - avec le continent africain, je crois que ce sont les population africaines et arabes qui auront le plus de chances de réussir leur intégration dans notre pays (qui a parfois été le leur).

Mais pour que ce pari d'avenir puisse être relevé il faudra, bien sûr, ouvrir pour de bon la boîte de Pandore de la colonisation et de l'esclavage.

La névrose collective qui nous fait considérer les populations arabes et africaines ou la religion musulmane comme une menace pour notre "Identité Nationale" me semble venir du manque de recul que nous avons sur cette période de l'histoire.

Je me régale donc, ces jours-ci des interventions des uns et des autres sur la question et je vous recommande vivement la série "Tropiques amers" qui vient d'être diffusée sur France 3 (sur l'histoire de la Martinique) ou l'émission "La Bande à Bonnaud" sur France Inter qui y est largement consacrée ces temps-ci.

[C'est dans cette dernière que j'ai eu l'occasion d'entendre (le très joli) Lilian Thuram prendre la parole avec une humilité et une ouverture d'esprit remarquables sur tous ces sujets et développer des idées que je serai d'autant plus prêt à défendre qu'elle sont proches des miennes.]

Puisque l'immigration risque de devenir le principal sujet de toutes les élections françaises à venir, grâce, notamment à des personnages politiques comme Le Pen, Sarkozy ou Villiers, autant tenter de gagner du temps en soignant notre inconscient collectif pendant le mandat de notre (non-repentant) nouveau président.

L'identité nationale est donc un sujet sur lequel nous devons nous arrêter afin de défendre les valeurs du modèle français qui nous paraissent primordiaux, par exemple la liberté de la presse (cf. caricatures de Mahomet), l'égalité homme-femme (cf. voile islamique), la laïcité (cf. Jean-Paul II comme inspirateur de Sarkozy) et ceux qui ne le sont peut-être plus (cf. la France fille aînée de l'église catholique) afin de construire une politique d'immigration qui ait un sens.

On me reproche de temps en temps d'être un gauchiste angélique sur ces sujets et de vouloir excuser les débordements des derniers enfants de l'immigration mais c'est justement parce que je me suis aperçu de mes propres intolérances sur la culture ou la religion des uns et des autres que j'ai envie de défendre cette position.

Et puis je suis moi-même un français issu de l'immigration, même si ma couleur de peau n'a jamais effrayé ma boulangère.

NDH : Est-il utile de préciser que "mon gosier de métal parle toutes les langues" ?.

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