Je ne me réjouis pas de l’élection de Nicolas Sarkozy.

Je ne croyais déjà pas beaucoup en son prédécesseur et n’avait jamais réussi à développer un quelconque respect à son endroit, mais il me semble je m’habituerai encore moins au nouveau président, choisi par la confortable majorité (53%) d’un nombre record (85%) d’électeurs.

On a vu, dès dimanche soir, que la « rupture » n’était pas un mot en l’air. En une allocution de candidat victorieux, un nouveau président a pris la parole et a redessiné le visage de notre politique étrangère, europénne, et a montré qu’il allait réformer vite et fort.

Je ne me réjouis pas de notre future politique d’immigration qui va à l’encontre de ce que je sais et de ce que je crois, du futur positionnement de la France dans le monde, du communautarisme comme facteur d’intégration ou des valeurs religieuses défendue par notre nouveau et fort légitime président.

Evidemment, maintenant que c’est fait, formons le voeu que la vision de Nicolas Sarkozy soit juste, que ses recettes pour résoudre les problèmes portent leurs fruits, parce que ce serait notre intérêt bien compris.

Mais je n’y crois pas exagérément.

Je suis soufflé d’avoir aussi peu vu venir l’élection de cet homme et des renseignements qu’elle nous donne sur la structure de l’électorat français, après les diverses crises politiques que nous avons vécues ces dernières années.

En relisant « Politique Fiction » (que vous trouverez sur ce blog pendant quelques jours encore et puis pfuitt…) je m’aperçois de quelques bonnes intuitions et de petits coups de bol (Emmanuelli va vraiment créer un parti de gauche prochainement, par exemple) mais d’une lecture très imparfaite des élections de 2002.

La France a réellement glissé vers sa droite, ce que certains analystes politiques comprennent par le vieillissement de la population et l’attachement des anciens aux thêmes de l’odre, de la défense des traditions, de la religion et autres sujets d’inquiétudes, voire de peurs, et du coup la présence de Le Pen au second tour de la présidentielle 2002 n’était pas seulement une sanction de la trop longue période de cohabitation Chirac-Jospin.

Du coup, la rénovation de la gauche socialiste et son futur coup de barre vers le centre, l’élection du candidat « sortant » et la faiblesse idéologique du P.S. étaient des clés qui me manquaient pour saisir le couple à trois que vont former désormais Sarkozy, Bayrou et le successeur de Hollande pour arbitrer les multiples décisions à prendre après la trop longue hypersomnie de Chirac.

Je vais désormais avoir le loisir de m’intéresser un peu à autre chose, parce que la france du Président Sarkozy ne m’amuse pas encore.

En tout cas, même si sa conclusion ne m’a pas exalté, c’était quand même une belle épopée, cette présidentielle !

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