– Maman, maman, pourquoi c’est pas moi le président ?

– Tu veux être président ?

– Oui ! Oui !

En croisant la jeune maman et son petit garçon à l’avenir présidentiel, je m’assurai que j’étais sur le bon chemin pour mon bureau de vote de la rue Jean Jaurès (ça ne s’invente pas).

Je m’approchai des piles de bulletins et une retraitée souriante me dit avec le ton de la phrase répétée déjà une bonne centaine de fois :

– Monsieur, vous devez prendre au moins deux bulletins.

Ayant décidé depuis longtemps que je ne voterai pas avec mon coeur mais avec ma tête, il me semblait parfaitement inutile de m’encombrer de deux bulletins, mais j’avisai un autre bulletin qui me semblait amusant et je m’enfermai dans l’isoloir.

Sur le chemin du retour, où je m’apercevais que c’était la première fois que je votais depuis 14 ans, je continuai à m’étonner du nombre de gens qui ne parlaient que de la présidentielle et de comment ils avaient voté ou allaient le faire.

Hé, vous avez choisi quel président ? répétait notamment une fillette à ses parents qui ne l’écoutaient pas.

Je suis déjà bouffé par l’impatience de connaître les résultats de ce soir et ravi de savoir que la participation n’avait jamais été aussi importante depuis ma naissance.

Quoi qu’il arrive, je ne regretterai pas mon vote.

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