Il aura attendu le dernier moment pour le dire (il reste 5 jours aux candidats à la présidentielle pour obtenir leurs 500 signatures d’élus locaux) et il l’a dit joliment, clairement, presque à regrets :

« Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat ».

Quelques mots pour nous dire qu’il nous aime, qu’on ne l’a pas élu pour rien, même si beaucoup de chemin reste à faire, et annoncer qu’il aura prochainement l’occasion de dire quel candidat il soutient pour prendre sa relève.

C’est finalement arrivé. Chirac s’en va.

Pour le première fois depuis que je le regarde, il m’a semblé qu’au delà des mots qu’il prononcait, sa voix vibrait d’une émotion sincère.

Mais on peut ne se sentir, ce soir, ni orphelin, ni desolé.

De plus, avant même que « le président de la république » ne se décide à dire qu’il soutient Sarkozy (*) on peut se décider à prendre au sérieux l’échéance qui s’annonce. Car même s’il le fait de façon moins violente que Giscard en 1981 (qui avait laissé sa chaise vide devant les caméras de télévision), Chirac rappelle qu’il va falloir le remplacer.

On pourrait imaginer que les jours qui viennent montrent un changement sensible du regard que les citoyens portent sur les trois principaux candidats à la présidentielle.

En effet, on va pouvoir jauger les Bayrou, Royal et Sarkozy à l’aune de la solennité du discours du chef de l’état sur sa succession.

Autrement dit – et malgré toute la difficulté de l’exercice – il va falloir essayer de les prendre au sérieux.

(*) On se doute que Chirac soutiendra son camp, mais il pourrait faire comme Mitterand, en 1995, qui a dit du bout des lèvres qu’il voterait Jospin et s’est ostensiblement affiché ensuite avec celui qui est devenu son successeur. Chirac, qui déteste Sarkozy au moins autant que Mitterand détestait Jospin nous fera-t-il la surprise de se montrer cordial avec Bayrou ou avec Royal ?

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