Malgré la suspiçion qu’il a lançé lui-même sur la nouvelle émission de TF1 « J’ai une question à vous poser », Le Pen (Ier du nom, hein, pas fifille) s’est précipité à la tribune qui lui était offerte hier soir, à la place qu’occupait Sarkozy lundi dernier.

La première chose qui m’a frappé en voyant le président du Front National face aux questions des « vrais français » c’est qu’il n’était pas très à l’aise.

Le grand orateur, capable de petites phrases assassines, de commentaires politiques fins et bien pensés, s’est transformé en élève bafouillant, caricatural et finalement assez maladroit.

Sa mémoire semblait flancher souvent, il attendait les questions avec le dos courbé, le visage tendu, la mâchoire crispée, comme s’il craignait la « pensée populaire » dont il se réclame pourtant depuis plus de 30 ans.

Depuis le début de la campagne un peu abrupte de Bayrou, qui lui pique sa critique des puissants et sa théorie du complot, ainsi que les campagnes de Royal et de Sarkozy, picorant sans complexe sur ses terrains de chasse favoris, Le Pen est poussé à se retrancher sur ses antiennes de « l’immigration massive », du « retour des frontières », de la « sortie de l’Europe » et autres vieux tubes qui avaient fait le succès du F.N. dans ses meilleures années.

Bref, à devenir sa propre caricature.

Cette émission me rappelle celle qu’avait subie (à sa propre intiative, bougre de lui) le président actuel devant des jeunes lors de la campagne réféndaire de 2005. Il avait fini par apparaître decalé, mal à l’aise et finalement… vieilli.

Pour un homme qui dit souvent qu’il faut « sortir les sortants » et que « charité bien ordonnée commence par soi-même » on finirait par souhaiter qu’il fasse le lien entre ces deux phrases.

C’est sûr qu’il nous manquerait. Les campagnes présidentielles seraient moins drôles et moins piquantes sans lui, mais gageons qu’une fois libérés de cette forte concurrence, d’autres candidats (Villiers, Buffet, Besancenot…) développeraient leur potentiel comique (*).

La politique doit rester une fête, que diable !

(*) Au cours de la même émission, Buffet a tenté un « Je ne veux pas faire de démagogie » du plus bel effet.

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