Pendant que Sarkozy se fait investir, à la surprise générale (mais non, je déconne) par les militants UMP pour la présidentielle, ARTE diffuse un téléfilm baptisé « L’embrasement » qui revient « sur les conditions de la mort de deux jeunes adolescents dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois, le 27 octobre 2005, à l’origine des émeutes en banlieue ».

Assez disciplinée pour programmer ce téléfilm à une distance respectueuse du premier tour qui aura lieu (doit-on encore le rappeler ?) le 22 avril, ARTE tente tout de même d’en assurer la diffusion auprès du plus grand nombre.

Distribution gratuite du DVD aux lecteurs du Nouvel Obs, importante campagne de communication et surtout, mise en ligne gratuite pendant 7 jours (soit jusqu’au 19 janvier) du téléfilm en VOD (vidéo à la demande) sur www.arte.tv.

Ce programme engagé, bénéficiant d’un ton assez libre, fait un bilan critique de l’attitude du ministre de l’intérieur et tente une analyse du contexte et des raisons qui ont poussé des centaines de « jeunes » à faire brûler les voitures de leurs voisins à la fin 2005.

Revenant sans complexe sur le peu de message politique vehiculé (c’est le cas de le dire) par ces « violences urbaines », « L’embrasement » arrive à dégager les grands traits de ces événements tragiques et donne quelques pistes de réflexion qui sonnent juste.

On y entend plusieurs fois la phrase « Les jeunes courent quand ils voient des policiers et les policiers courent quand ils voient des jeunes » qui dit assez l’incongruité de la politique menée dans les quartiers difficiles depuis la suppression de la « police de promixité » par Nicolas Sarkozy en 2002.

Afin de conserver, malgré tout, le ton le plus objectif possible, Philippe Triboit (le réalisateur) montre ce moment de l’histoire française contemporaine sous les yeux d’un journaliste belge qui semble découvrir le « 9-3 » et le ministre de l’intérieur à un moment où les français avaient peu de chances de connaître la réalité des faits ou de les appréhender d’un oeil neutre.

Tout ça pour dire, évidemment, que je vous conseille de vous précipiter sur le site d’ARTE pour profiter de la diffusion de ce téléfilm tant qu’elle sera gratuite.

NDH : Il faudra malgré tout se montrer indulgent sur le jeu de certains acteurs ou sur quelques parti pris de realisation, on n’est pas là devant le dernier Spielberg, autant le dire d’avance.

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