A l’époque où j’en avais encore largement le temps, je commençais à prendre des notes pour une petite « Belgique Fiction » en épisodes sur ce blog, fasciné que j’étais d’entendre régulièrement parler de la naissance de ce royaume comme d’un « accident de l’histoire ».

On a de temps en temps en France (mais comme ça ne concerne pas notre gros nombril franchouillard, on passe vite à autre chose), des informations sur la montée de l’indépendantisme flamand mais on a beaucoup moins d’informations sur un sentiment wallon (probablement marginal) et qui est baptisé « rattachisme« .

L’idée d’un groupe politique wallon est que la Wallonie (l’autre moitié de la Belgique) doit faire le choix de rejoindre la France, ledit groupe se fondant sur des arguments économiques et quelques pseudos raisons historiques.

Du coup, l’idée de faire démarrer une histoire par la déclaration d’indépendance de la Flandres et par l’exil du roi belge me tentait assez. Je voulais y ajouter les discussions politiques françaises sur le rattachement de la Wallonie, la façon d’y organiser les premières élections françaises, et lui donner un numéro de département (je trouvais le 96 particulièrement adapté).

Ce projet a pris l’eau en même temps que mes malles et le foutoir qu’a mis la « politique fiction » diffusée hier soir sur la RTBF (un article belge en cause ici) ne me donnera pas l’idée de m’y remettre.

Ce qui m’a particulièrement frappé, au vu des réactions qui sont diffusées en France, c’est l’attachement des wallons et des flamands pour un pays qu’ils considèrent eux-mêmes comme « petit » ou « modeste » (ce qui se discute) et la façon viscérale dont ils ont réagi à la diffusion de ce reportage.

Il est très malaisé de tenter une métaphore française et, a fortiori, d’imaginer les réactions des français si ce genre de coup leur était joué par la liseuse de prompteur de TF1, mais il y a un autre point sur lequel la comparaison était beaucoup plus facile et à mon avis révélatrice de la différence entre les mentalités belges et françaises.

Le reportage d’hier soir a apparemment été concocté par l’équipe d’une émission qui s’appelle Tout ça (ne nous rendra pas le Congo), ce qui me paraît une façon saine et drôle de parler de l’histoire d’un pays qui est naturellement à mille lieues de la façon dont la France parle d’elle-même.

Vous imaginez si une émission voyait le jour sur France 2 sous le titre Tout ça (ne nous rendra pas l’Algérie) ? Je doute que ça fasse rire grand’monde mais je doute surtout que l’émission arrive jusqu’à sa diffusion.

Reste que des gens viscéralement attachés à leur « petit pays avec une petite histoire » me fait penser à nous français, qui avons encore tendance à regarder vers ce qui nous arrange dans notre passé « de grand pays avec une grande histoire » sans prendre en compte ce qui ne nous y plaît pas et continue de peser sur notre présent et d’entacher notre avenir.

Evidemment je pense tout particulièrement à la (dé)colonisation française et aux conséquences qu’elle a encore aujourd’hui.

La moins grave d’entre elles étant justement, qu’on ne verra jamais, en France, d’émission qui s’appelerait Tout ça (ne nous rendra pas *).

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* Mettez ici, au choix, votre ancienne colonie française préférée dont la quête d’indépendance fut sanglante : normalement, vous avez du choix.

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