Presque trois mois après que deux solides créoles les ont porté dans leur énorme camion, bloquant la circulation dans le Bas-de-la-Rivière, mes malles se sont invitées, avant même le lever du jour, dans mon nouvel appartement nantais.

Une fois échangées les plaisanteries désormais habituelles, motivées par l’exotisme de leur provenance, avec deux solides ligériens, signés les divers documents (le temps de me rappeler, la tronche pas fraîche et le café à la main, l’ortographe de mon patronyme) je me risquais à jeter un oeil à l’intérieur des deux « cantines militaires » afin de constater les éventuels dégats.

Leur contenu, qui semblait bien m’appartenir, m’a rappelé instantanément que beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts depuis début août.

Même si je sens encore physiquement que l’adaptation n’est pas tout à fait achevée, le Bas-de-la-Rivière et l’île qui le contient me paraît déjà appartenir à une dimension parallèle.

Il paraît qu’un chien attaché plus d’une demi-heure oublie qu’il a été libre. En combien de temps l’être humain croit-il qu’il a toujours vécu dans le même environnement ?

Toujours est-il que, ce matin, mon déménagement est terminé.

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