Jugeant qu’il était temps de réparer ma bagnole qui refuse catégoriquement de démarrer depuis plusieurs jours, je me décidai à aller dans une sorte de garage baptisé L’Atelier, qui se trouve dans ma cour intérieure.

Bonjour, j’ai un problème avec ma voiture, je peux vous en parler ?

– Si ça peut te soulager, n’hésite pas, répond un type avec le regard franc mais dans le style « le sourire c’est pour demain ».

– En fait j’espérais que vous pourriez même régler mon problème.

– Ca dépend, tu sais, on n’est pas un garage ici, elle a quoi ta voiture ?

– Euh, je pense que la batterie est morte.

– Ben ça je peux voir. T’as déjà démonté une batterie ?

– Euh non.

– Ben, tiens, voilà une clé de dix, une de onze et une de douze, tu dévisses d’abord le « -« , puis le « + », tu dévisses le support et tu m’amènes la batterie. Je verrai ce qu’on peut faire.

Totalement soufflé, je ne vois absolument pas quoi répondre et tout en pensant « chef, oui, chef », je me décide à oser :

– Ok, ben je reviens.

Quand effectivement je reviens, encore sur le cul d’avoir réussi à démonter ma batterie tout seul, le type me regarde toujours sans sourire et m’installe sur un établi.

– Bon tu vois, tu démontes ces trucs là, et tu m’attends.

Un fois les « trucs » démontés, il revient, me fait remarquer qu’il n’y a plus d’eau dans ma batterie, me dit qu’on va devoir également la recharger et m’explique ce que je dois faire. Toujours sur le même ton. Celui qu’on utiliserait pour dire « Tu fais pas ta chochotte et tu fais ce qu’on te dit ! ».

Je m’exécute sans barguigner (et de plus en plus amusé).

Après une demi heure passée dans le « garage », le type revient, constate que j’ai fait les choses dans l’ordre et finit enfin par me sourire.

Au fait, tu t’appelles comment ?

***

Il m’a vaguement semblé comprendre qu’il s’agissait, en fait, d’une association mais, pour ne pas briser le charme de cet épisode surréaliste, je n’ai rien demandé. Et « le type » n’a jamais jugé nécessaire de m’affranchir.

Tout ce que je sais, c’est que j’y retourne demain, et que pour la première fois de mon existence, ma voiture démarrera (peut-être) grâce à mes petits doigts.

 

Publicités