Cette semaine, deux responsables politiques ont annoncé des décisions allant à l’encontre de l’image que l’on peut avoir de nos élus qui ressembleraient (comme dirait Villepin sur les fonctionnaires) à des « moules qui s’accrochent au rocher« .

Tout d’abord Hollande, qui a annonçé qu’il ne serait pas candidat à l’investiture P.S. pour la présidentielle de 2007.

Quand on le titille sur le sujet (comme hier à 7h50 sur RTL, par exemple) en lui rappelant qu’il était le plus légitime à le faire, car il est de tradition au P.S. que le premier secrétaire soit candidat à la présidentielle, il répond avec une sincérité désarmante, que le rassemblement n’était pas possible autour de sa personne et que sa responsabilité était, donc, de ne pas concourrir.

C’est un peu ce qu’a dit Jospin la semaine dernière, mais la différence est que l’ancien premier ministre n’avait pas de raison institutionnelle de se présenter alors que Hollande, oui.

De plus, le raisonnement montre une lucidité politique et un sens des conséquences qui inspirent, je trouve, un certain respect.

[Parce que quand Lang annonce qu’il ne se présente pas « dans l’intérêt du P.S. » il oublie de dire qu’il n’avait pas réuni les parrainages nécessaires et qu’il a pris peur en voyant les sondages. A aucun moment il n’a dit qu’il avait pris conscience que sa candidature ne « créait pas des conditions de rassemblement au P.S. » et il a continué sa partie de poker menteur jusqu’au bout, histoire – à mon avis – de négocier une place au soleil en cas de victoire de la gauche en échange de son désistement.]

A droite, au même moment, Balladur prend une décision à première vue un peu surprenante quand on se souvient des critiques émises à son encontre quand il était premier ministre et qui avaient souvent à voir avec son immense orgueil.

Il vient d’annoncer qu’il ne briguerait pas son actuel poste de député de Paris afin de laisser « la place aux jeunes », ce qui, en langage balladurien, se dit « [au] renouveau des idées et des méthodes doit correspondre celui des personnes« .

Dans le même temps il faut tout de même ajouter que Hollande n’a pas pu s’empêcher de faire remarquer que la candidature de sa compagne s’était imposée, semblant ainsi prendre parti pour une candidature en particulier (ce que son rôle de premier secrétaire devrait lui interdire) et que Balladur en a profité pour balancer une petite vacherie via un de ses porte-flingues. Une vacherie qui semble destinée à Chirac.

« A partir d’un certain âge, Edouard Balladur considère qu’il faut savoir passer le témoin », Nouvel Obs. 06/10/2006.

En cette période de concert d’ambitions et d’orgueil où le personnel politique joue sa propre caricature pour flatter les instincts primaires des citoyens que nous sommes, je trouve qu’il serait de bon ton de saluer ceux qui, de temps en temps, sont capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez.

Pour peu qu’ils soient sincères, évidemment.

Publicités