Le temps d’entrer dans une salle de classe toute moche, dont les pupitres sont décorés d’insanités boutonneuses, de saluer poliment, et de m’asseoir dans la rangée du fond, je m’aperçois que l’assistance n’est composée que de représentants de la gente masculine.

Le genre de garçons qui, à mon époque lycéenne, ne prenait la parole qu’une fois par trimestre et uniquement pour contredire le professeur, lequel admettait à tout coup, et rougissant, qu’il s’était bel et bien gouré.

Au moment où j’adressai des remerciements chaleureux à Neptune pour n’avoir mis aucun garçon sexy dans mon cours – et me permettre, ainsi, de me concentrer sur la litanie du professeur – la porte de la salle s’ouvre discrètement et entre… une fille.

Je jugeai aussitôt que la seule représentante du beau sexe ne pouvait pas être musulmane puisque sinon le voile qui lui cachait les cheveux aurait été un « signe religieux ostentatoire » et n’aurait pas permis à sa propriétaire de pénétrer dans l’enceinte d’une université républicaine (c’est amusant de voir à quel point une loi bête ne trouve pas grand’monde pour la respecter ou la faire respecter, mais passons).

Notre nouveau professeur nous explique alors que notre premier contrôle aura lieu avant Noël et qu’il portera sur le programme du trimestre : « Ensembles, Relations et Logique Boolénne ». Puis il se lance.

Contrairement à ce que j’imaginais, notre statut de salariés ne nous promet pas d’être « chouchoutés » mais si il y a bien quelques troubles fête qui s’obstinent à comprendre plus vite que moi, le rythme et le contenu du cours ne m’a pas aidé à trouver d’excuses pour quitter la salle et rentrer regarder TF1.

Et vu que personne n’a essayé de me piquer mon goûter, j’ai décidé d’y retourner.

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