Demain soir sera décerné le prix « Humour & Politique » sous l’égide du Press Club de France.

Ce prix est decerné aux hommes et femmes politiques en fonction de la drôlerie (et parfois de la bêtise) d’une ou plusieurs de leurs petites phrases de l’année.

Par exemple, cette année sont nommés :

Dominique de Villepin pour son involontaire « Le pétrole est une source d’énergie inépuisable qui va se faire de plus en plus rare« .

Nelly Olin (notre immense ministre de l’écologie et du développement durable) pour son involontaire « Je trouve qu’on a tellement de choses à se mettre dans la tête qu’il est inutile de s’encombrer le cerveau » (ce qui prouve à ses détracteurs qu’elle en a donc un).

Azouz Begag (notre très efficace ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances) pour son probablement volontaire « Je ne suis pas l’arabe qui cache la forêt « .

Pascal Terrasse (député PS de l’Ardèche, parlant du retour de Lionel Jospin) pour son volontaire « C’est la première fois qu’un déserteur passe ses troupes en revue« .

Et, sans vouloir être exhaustif, car la liste est longue, sera nommée également Ségolène Royal pour son « Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit« .

L’an dernier c’est Nicolas Sarkozy qui avait gagné le prix, grâce à une phrase dont l’humour était très probablement involontaire car il avait déclaré « Je ne suis candidat à rien« .

Du coup, en attendant de savoir qui a gagné le prix en 2006, je vous propose un petit florilège, très personnel, des petites phrases qui ont été nommées ou ont gagné ce prix, depuis sa création en 1988 :

« Votre peuple a eu l’intelligence de vous élire deux fois » (de Valéry Giscard d’Estaing à Benazir Bhutto).

« C’est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit : je le dis d’autant plus aisément que c’est moi qui l’ai écrit » (du même Giscard, à propos du Traité de Constitution Européenne).

« Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière qu’il faut nous prendre pour des gonds » (Hervé de Charette, à propos du PPDF, enterré aujourd’hui – le parti, hein, par Charette). Celle-là je crois que c’est ma préférée !

« Je ne suis pas sûr qu’on prenne de la hauteur en montant sur une table » (François Baroin, à propos d’Edouard Balladur).

« Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent » (Jacques Godfrain, député UMP de l’Aveyron).

« Voici que s’avance l’immobilisme et, nous ne savons pas comment l’arrêter » (prix du souvenir à l’ancien président Edgar Faure).

« Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints » (Jean-Pierre Raffarin, qui a eu un prix spécial en 2003, pour l’ensemble de son oeuvre).

Ils vont s’apercevoir que je suis assez con pour aller jusqu’au bout » (Dominique de Villepin, en pleine crise du CPE).

« Je préfère dire voici mon projet que mon projet c’est Voici » (Laurent Fabius à propos de Ségolène Royal), qui n’est pas ma préférée mais qui justifie l’image utilisée ici, qui est désormais une des campagnes publicitaires du magazine en question).

Vivement demain, en tout cas, et gageons que l’année électorale qui commence nous offrira un palmarès inoubliable pour le prix 2007.

P.S. : Le prix a finalement été attribué à Ségolène Royal pour son hit « Même quand je ne dis rien, ça fait du bruit ». Félicitations à elle !

P.S.S. : Ce billet a été publié par agoravox.com

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