Une fois installé dans mes meubles, dans mon bureau, une fois définis les contours de ma future routine, j’ai enfin l’occasion de m’aperçevoir du climat et de l’environnement qui entourent mon nouveau bercail.

Pour commencer, j’ai eu l’occasion de ressentir une impression bizarre d’avoir chaud et froid en même temps, car même quand il fait chaud ici – comme le dit cette phrase passe-partout empreinte d’une profonde sagesse populaire – le fond de l’air est frais.

Ensuite, j’ai pu retrouver les incroyables écarts de températures entre matin, journée et soir, ainsi que les complications que ça génère en terme de frusques.

En à peine trois semaines passées dans la Belle Endormie je constate déjà que les journées sont plus courtes, j’ai eu l’occasion de mettre le chauffage et de pester contre mon jean’s qui n’en finit pas de ne pas sêcher quand il lui fallait une demi journée il y à deux mois à peine.

Et aujourd’hui, sans aucune arrière-pensée, une collègue me rappelle quand, dans un mois, il faudra changer d’heure…

Evidemment, deux ans ne suffisent pas à oublier tous ces petits détails de la vie métropolitaine – qui avait toujours été la mienne auparavant – mais il n’empêche qu’ils ne vont plus de soi.

Et si je me promène avec un pull en plein soleil, si je suis gelé de partout en permanence alors que je croise des joyeux lurons inconscients qui se baladent en tee-shirt dans mon quartier, ce n’est pas seulement parce que je suis un brin frileux, c’est aussi parce que Rome ne s’est pas faite en un jour.

Un autre détail – qui n’en est d’ailleurs pas un – c’est de retrouver le nombre impressionnant d’informations que nos pauvres cerveaux métros doivent tenter de traiter en permanence.

Aller de chez moi à mon travail veut dire, ici, voir une trentaine de publicités, des dizaines de numéros de téléphone, des néons, des enseignes, des affiches, des flyers, des journaux gratuits (qu’on tente de me distribuer tous les matins), des « unes » de journaux affichées partout et j’en passe car j’en oublie déjà.

Ayant appris à la Réunion à me focaliser sur ce qui m’importe vraiment et ayant conscience désormais que cette saturation d’information n’est pas une fatalité mais un contexte, j’apprend à les ignorer.

Je n’ai aucun doute sur le fait d’avoir fait le bon choix et Neptune me rappelle tous les jours à quel point il était temps que je vienne vivre sous son aile, mais je n’ai désormais aucun doute sur un autre point, dont l’importance m’avait echappée auparavant :

L’adaptation ne se fera pas en trois semaines.

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