Avec la rentrée scolaire, les politiques se sont mis en ordre de bataille pour la campagne présidentielle. Et même si la campagne ne sera vraiment lançée que lorsque le vrai-faux suspens de la désignation des candidats UMP et PS sera derrière nous, un certain nombre de « petits » candidats montent déjà au créneau.

L’un d’eux est le brillantissime Villiers, qui tente depuis plusieurs mois (cf. « l’islamisation rampante » de la France) de récupérer les votes lepénistes et de croire en son avenir présidentiel.

L’actualité de « l’agité du bocage » (comme dirait Le Canard Enchaîné) c’est rien moins que « Cent mesures pour redresser la France ». Lesquelles mesures partent, naturellement, des constats dits « déclinistes » sur notre pays, qui sont légion ces dernières années.

Sans que ces mesures soient une réelle surprise par rapport au discours habituel de l’ancien pote de l’UMP, elles nous enchantent tout de même par leur simplicité brute, susceptible d’être comprise par tous et notamment par ceux que la politique n’intéresse pas.

« Une France rurale plutôt que techno« , « la famille plutôt que la mariage homo« , « la suppression des 35 heures« , « l’immigration zéro plutôt que l’immigration choisie ou subie » et « une nouvelle Europe avec les patries plutôt qu’avec la Turquie« .

On peut adhérer ou non à l’image de la France qui ressort de ces phrases fleurant bon la démagogie, on peut remarquer également que les solutions villieristes sur ces sujets se font toujours attendre (mais ses concurrents à la présidentielle ne sont pas prolixes en solutions non plus, soyons justes) mais on ne peut pas s’empêcher de relever que Villers compare, le plus souvent possible, des choux avec des carottes.

L’exemple de la dernière phrase, concernant l’Europe, permet de se faire une opinion sur la pensée subtile du président du MPF.

Qu’on ait une opinion ou non sur l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne (et je crois que la majorité des électeurs français n’en a aucune) n’y change rien : l’europe des patries que Villiers semble appeler de ses voeux, il pourrait la construire avec ou sans la Turquie, pour peu que les électeurs que nous sommes – et qu’il prend un peu pour des billes – lui en laissions la possibilité.

Mais c’est quand il rappelle qui a « été un des vainqueurs du référendum [de 2005] » (qui peut croire que la France a voté Non pour faire plaisir à Villiers ?) et prédit qu’il sera « un des vainqueurs de la présidentielle » qu’on commence à se sentir un peu gêné pour lui.

Moi qui suis un fidèle téléspectateur de France Europe Express, je n’oublierai jamais le malaise que le pauvre Villiers a fini par créer sur le plateau, conséquence du manque flagrant d’intelligence de ses analyses ou de ses réponses aux questions posées par Ockrent ou par July (à certains moments, on se serait même cru dans une cour de récréation).

Chacun a le droit de défendre ses « idées » et d’essayer de rallier les électeurs à sa cause, et ce que je trouve inquiétant, du coup, ce n’est pas tellement le discours de Villiers, mais plutôt le fait qu’il y ait encore des gens qui se sentent compris par ce genre de personnage… et qui envisagent sans rire de voter pour lui.

La France n’aurait-elle pas tout simplement les candidats à la présidentielle qu’elle mérite ?

NDH : Mais dis-moi, mon Filou, t’aurais pas un peu grossi ?

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