Quand le président de la République a causé dans le poste, il y a plusieurs façons de se faire son opinion sur ce qu’il a dit.

La première solution c’est de regarder l’intervention en direct et tenter de ne pas s’endormir car l’exercice est, en général, assez ennuyeux.

On peut également lire la presse (ou regarder les infos télévisées) pour voir ce que les journalistes (qui n’ont pas le droit de dormir pendant l’interview) ont retenu.

Et, enfin, on peut écouter les réactions des autres politiques, notamment ceux qui n’ont aucune chance de devenir président et qui se sentent, à ce titre, libres de dire ce qu’ils veulent.

Le Pen essayant visiblement de se faire oublier ces temps-ci, c’est la réaction de Villiers qui a été la plus prompte et elle sonne juste. Il parle d’un « nouveau 14 juillet du commentaire et de l’impuissance. Les Français n’attendaient rien de l’allocution du Président. Ils n’ont pas été déçus. »

Moi j’ai quand même retenu que Chirac nous a joué au grand homme, comme on était beaucoup à s’y attendre, en rappelant son attitude en 2002 sur l’Irak et en commentant la (toujours bien commode) situation au Proche Orient.

[Au fait, ça sert à quoi que Chirac nous dise ce qu’il pense de la situation au Proche Orient ?]

Je me suis marré en voyant Poivre d’Arvor lancer une question sur l’aministie de Drut et se faire quasiment interrompre par Pujadas qui voulait absolument dire la phrase « Est-ce que ce n’est pas le fait du Prince ? » avant que Chirac ne réponde histoire de se vanter ensuite auprès de ses potes d’avoir osé (alors que la question de PPDA suffisait largement).

En revanche je me suis beaucoup moins marré quand j’ai entendu Chirac dire « je n’ai pas de réponse » au sujet des expulsions d’étrangers entamées par Sarkozy.

Je trouve ça un peu facile de refiler le bébé à Sarko – qui n’est pas encore président, faut-il le rappeler – et de se laver les mains en admettant son incompétence. Ca m’a rappelé le culot qu’il avait eu de dire « je ne vous comprend pas » aux jeunes qu’il avait lui même invité dans un raoût télévisuel démagogique et raté pendant la campagne référendaire de 2005.

Ca commençait doucement à sentir le prix Gavroche, surtout qu’il a dit que ses rapports personnels avec Sarkozy étaient bons (et Clearstream c’était juste une idée de Villepin alors ?) mais comme tout le monde sait – lui compris – que Chirac ne se représentera pas, ça ne compte pas.

En tout cas, avec le salaire qu’on lui refile, je le trouve gonflé de pleurer sur tout ce qu’il ne comprend pas ou ne sait pas faire et je préferais, à tout prendre, qu’il parle pour ne rien dire, plutôt que de continuer à parler pour ne rien faire.

P.S. Tiens, au fait, il n’y a pas eu de question sur le « coup de boule » de Zidane.

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