Sur son blog politique, Pierre-Luc Séguillon me fait l’amitié (on est très proches depuis qu’il me harcèle pour que j’accepte un poste d’analyste politique à LCI) d’être d’accord avec moi sur le caractère historique de l’élection présidentielle de 2007 (lire ici).

Il me semble (je le dit depuis un moment) qu’une des clés de ce futur scrutin sera à chercher du côté d’une autocritique française sur notre ancienne politique coloniale.

Et ce qu’il y a d’historique c’est que Chirac (et Villepin, mais je pense qu’on peut l’oublier) se réclame de la pensée gaulliste (même s’il a toujours pratiqué un gaullisme d’opérette) et que la fin de son règne correspond également à la fin de l’influence de De Gaulle sur la vie politique française.

La Vème république sera au minimum remodelée et au maximum depassée par une VIème et les deux actuels favoris (Sarkozy et Royal) sont nés après la seconde guerre mondiale, dans une ambiance pro-européenne et peuvent se permettre de prendre leurs distances avec la façon dont leurs aînés ont imaginé la place de la France dans le monde.

Royal n’en parle pas beaucoup (soit elle ménage ses effets soit elle n’est pas très bonne) mais Sarkozy, lui , n’arrête pas.

Il essaye de se placer comme « relanceur » de l’Europe quand il rend visite à Merkel en Allemagne, parle de rupture même quand il se promène dans les anciennes colonies françaises d’Afrique et propose un nouveau modèle d’intégration sociale, fondé sur le communautarisme (qui est, à mon avis, aux antipodes de l’assimilation qu’il prône également).

Mais d’un point de vue plus « politicien », Séguillon (Pierre-Luc je vais pas te le dire mille fois, comment veux-tu que je survive avec 8.000 euros par mois ?) remarque également que dans cette élection qui arrive il n’y a pas de courant « affectif » qui porterait les futurs candidats.

Sarkozy est devenu la seule solution à droite, plus parce qu’il a bien manoeuvré que par un réel engouement des foules (auxquelles il fait un peu peur) et Royal, en passe de devenir la seule solution à gauche, ne fait « bander » personne chez les socialistes, qui la voient simplement comme un espoir de reprendre le pouvoir.

Séguillon (Une voiture de fonction, ah oui ? Quelle marque ?) finit son article en parlant de ceux qui aujourd’hui sont encore mal notés à la bourse des sondages ou tout simplement ignorés des enquêtes d’opinion.

Ca m’a fait instantanément penser à Montebourg.

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