On y est. Avec le retour pas encore avoué, mais bien entamé, de Jospin sur la scène politique, la prééminence de Royal dans les sondages, le nettoyage à droite qui ne laisse que Sarkozy en place et, enfin, les « petits » candidats de gauche et de droite qui se sont devoilés, avec Bové en prime, les acteurs de la campagne 2007 sont en place.

L’exception notable des Verts, qui n’en finissent pas de choisir entre Voynet et Cochet, n’entrave pas la règle générale. Les comédiens sont prêts et attendent les trois coups à la rentrée de septembre pour réciter leur texte et jouer des coudes.

Le salut respectueux de Sarkozy (« ça se terminera à 50/50. Quel que soit le candidat – ou la candidate – du Parti socialiste, ce sera quelqu’un de qualité« .) ou les révérences de Royal à Jospin et de Jospin à Royal ressemblent à la poignée de main, chapeau bas, d’adversaires s’apprêtant à se battre en duel, à la rosée du matin de ce frais petit mois de juin (je sais, je sais, mais c’est l’hiver ici).

Côté PS, la théorie ne fait visiblement pas bander grand’monde, les sondages montrent aujourd’hui que 65% des français n’ont pas envie de voter pour un candidat qui défendrait le programme socialiste, et les candidats vont être obligés de faire de la haute-voltige en choisissant entre Lionel et Ségolène ou un « ticket » (rôles de président et de « prem’s » distribués avant la présidentielle) des deux, la dispersion et le peu de charisme des uns rejoindra alors l’opportunisme politique des autres.

Royal et Jospin vont être obligés d’être bons.

Pendant ce temps Sarkozy, qui avoue « se préparer pour d’autres rendez-vous » (2007) lorsqu’il passe sur France 3, balance, sans complexes, son programme et son calendrier à ses fidèles troupes de l’UMP. Lui il serait président 5 ans, pas un mandat de plus et il partirait dans le privé dès la fin de sa présidence.

Ferait ? Ferait pas ? Il a beau jeu de dire ça aujourd’hui, son mentor politique (et désormais ennemi intime) Chirac pourrait lui rappeler combien la stratégie qu’il utilise pourrait le faire changer d’avis souvent, mais passons.

En revanche, après son petit voyage en Afrique qui nous a fait penser que la « rupture » ne serait pas seulement un mot, il annonce qu’il fera campagne dès novembre, avec des ministres déjà désignés (et, on peut le supposer, charger de plaider la bonne parole sarkozyenne dans leurs futurs domaines respectifs jusqu’en mai 2007) et faire adopter, en bloc, toutes ses mesures de campagne dès sa nomination (ce qui veut probablement dire après les législatives) comme Mitterand l’avait fait en 1981. Bigre !

Il ne manque plus qu’un bonne clarification gauche-droite, pour qu’on comprenne, par exemple, si Royal est vraiment « socialiste » et si Sarkozy prend – enfin – la voie de la droite « pragmatique » dont il nous rebat les oreilles depuis 2002 et on aura une belle campagne.

Ce que j’espère, avant la fin de cette longue répétition générale, c’est que Voynet sera désignée chez les Verts, parce que la campagne qu’elle a faite pour le référendum de 2005 était impeccable !

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