[…] Au "choix de la responsabilité" illustré, selon lui, par la baisse annoncée de la dépense publique en 2007, M. Copé a ensuite opposé celui "la démagogie" d'une gauche "qui n'a pas changé d'époque". Revenant sur le coût du projet socialiste ("115 milliards d'euros en 2012, soit 7 points de PIB"), M. Copé en a avancé un chiffrage plus détaillé : le dispositif EVA d'entrée dans la vie active qu'il a assimilé à un "RMI jeunes" : "15 milliards d'euros" ; l'abrogation de la loi Fillon sur les retraites : "12 milliards" dès 2012 ; la renationalisation à 100 % d'EDF : "10 milliards" ; la carte vitale professionnelle : "10 milliards" ; la réactivation des emplois jeunes : "5 milliards" ; le bouclier logement : "4 milliards". "Ces mesures, a-t-il ajouté, ne pourraient être financées que de deux manières : soit augmenter massivement les prélèvements obligatoires (…), soit accepter de tripler le déficit public. Dans l'un et l'autre cas, les premières victimes de cette politique seraient les classes moyennes." LE MONDE 24.06.06

Vu qu'on imagine assez bien que ces chiffres ne lui ont pas été donnés par le PS, Copé (ministre délégué au Budget et à la Réforme de l'Etat) est donc allé voir les fonctionnaires de son ministère et leur a demandé de lui donner des cartouches pour jouer aux cow-boys et aux indiens avec la gauche.

Pendant que la presse hurle au scandale politique dans l'affaire Clearstream parce que Villepin avait, notamment, utilisé des fonctionnaires pour essayer d'entuber Sarkozy, le petit père Copé, tout en pleurant sur le fait qu'il y a trop de fonctionnaires et que ça coûte trop cher, utilise nos impôts et le temps de ses agents pour régler ses comptes avec le PS.

C'est sans doute parce que Copé est tellement rapide et efficace à faire son travail (l'inutile budget 2007, par exemple, qui ne sera appliqué par personne puisqu'on changera de président et de députés en plein milieu de l'année) qu'il est obligé de s'occuper le reste du temps en aidant les autres partis politiques à chiffrer leurs promesses…

Moi si j'étais Villepin (Dieu m'en préserve !) je confierais un second ministère à Copé, histoire d'utiliser son formidable potentiel et d'économiser une paye de ministre.

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