Hier soir sur Tempo (chaine réunionnaise que j’ai redécouverte suite à la mort de mon Coco-PC) j’ai eu droit à Sarkozy au journal de France 2 et à la fille Le Pen dans l’émission d’Ardisson.

Un Sarkozy plutôt mauvais, d’ailleurs. A répéter les mêmes phrases 3 fois de suite, à se montrer tour à tour homme d’Etat (mon devoir est de rester au gouvernement), en victime (Clearstream), en décideur (immigration choisie) ou en être humain (Pujadas : « Vous avez souffert ? », Sarko : « Beaucoup ») mais, à mon avis, sans convaincre.

En revanche, Marine Le Pen, venue à la télé pour vendre son nouveau bouquin, a été plutôt bonne.

Le silence de mort qui l’a accueillie sur le plateau sentait le préparé mais l’interview de cette femme – qui a raconté le rejet dont elle a souffert toute sa vie parce qu’elle est la fille de son père (sans se poser en victime) la façon dont elle a relevé chaque phrase de son père en l’expliquant (sans l’excuser) et en rappelant qu’elle-même « était de son temps » – était très maîtrisée.

Elle arrivait à sourire souvent, histoire de séduire au-delà de son nouveau look, et à ignorer totalement la froideur du public ou d’un Ardisson un peu coincé aux entournures.

Mais, sur le fond, le sujet sur lequel on leur a demandé de réagir tous les deux c’est l’immigration choisie. Il est pour, elle est contre.

Moi je suis partagé entre l’idée que la France a besoin de main d’œuvre qualifiée dans certains domaines et que donc l’immigration « choisie » est une bonne idée (sauf que dans ce cas, je souhaite qu’on se fiche totalement de la nationalité des « accueillis » pour s’intéresser uniquement à leur profil professionnel) et le fait que si on réduit le regroupement familial on revient à la politique d’immigration débile des années 70, où l’on a dragué les maghrébins pour qu’ils viennent travailler en France sans ni les accueillir ni leur donner les moyens de s’intégrer, ce que leurs enfants et petits-enfants nous reprochent aujourd’hui.

Reste que le concept qui me paraît le plus choquant, et sur lequel Sarkozy et Le Pen sont d’accord en matière d’immigration, c’est l’assimilation.

L’assimilation, c’est (pour résumer) de faire réciter à des petits africains que leurs ancêtres sont gaulois. C’est con, c’est méprisant et anti-humain au possible (et c’est ce qu’on a fait).

Sarkozy l’a rappelé hier soir, il considère que les immigrés doivent abandonner leur culture, leur langue et leurs habitudes pour se fondre dans notre « merveilleux » pays.

Le Pen, elle, dit qu’on ne sait même pas gérer « l’immigration massive » qu’on a subie et qu’on ne devrait donc pas « ouvrir les vannes » .

C’est là que je me suis rappelé pourquoi je n’avais pas tellement envie que lui ou elle ne devienne un jour président(e).

Je préfère que les gens restent ce qu’ils sont, du moment qu’ils respectent deux trois bricoles de notre modèle social qui serait peut-être bon de leur expliquer clairement au lieu de considérer qu’elles vont de soi (voir « Politique Fiction »).

Je préfère que l’immigration vienne enrichir la culture de mon pays plutôt que d’imposer un modèle dont on est même plus très sûrs qu’il soit bon.

Mais quand Sarkozy répond aux propos du président du Sénégal (qui fustige la politique d’immigration choisie en indiquant qu’on cherche à lui piquer « ses » cerveaux) en lui disant qu’il ferait mieux de s’occuper de son pays pour que « ses » cerveaux veuillent y rester, sans se mêler de la politique d’immigration française, je trouve que c’est bien répondu.

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