Jim Profit, jeune cadre supérieur fraîchement débarqué au département des acquisitions de la prestigieuse compagnie Gracen & Gracen, est un homme dangereux. Son but : parvenir au sommet, et par n'importe quel moyen. Jim Profit, un être odieux, cynique, vicieux et arriviste… Qui est-il? Pourquoi tant de perversité?

Bon ça c'est le résumé officiel. Mais je trouve que résumer deux scènes du pilote donne encore plus envie de jeter un oeil à cette série particulièrement bizarre, dont le héros est un psychopathe auquel on finit presque par s'identifier, au bout du compte.

Première scène du pilote : Pendant le générique, la caméra se balade dans un appartement américain, avec une vue splendide. Tout est propre, neuf et decoré sobrement. L'appartement donne l'impression que personne n'y vit. Au fond de l'appartement, il y a un aquarium à côté duquel une porte cachée s'ouvre, laissant sortir Adrian Pasdar (Jim Profit dans la série, mais aussi l'avocat de Carlos Solis dans Desperate Housewives) nu.

Déjà je trouve que le ton est donné. Les apparences sont donc trompeuses et ça va être un des sujets de la série.

Autre scène du pilote : Une jolie blonde à peine plus agée que le héros, le colle contre le mur et l'embrasse fougueusement (sur la bouche, évidemment). Jim Profit se laisse faire, avec un regard étrange et, une fois le baiser fini, dit : Bonjour, Maman.

Les apparences, encore. Et on comprend que la série, véritable bouillon de culture névrotique, va beaucoup jouer sur les tabous.

La série, qui date de 1996, a été déprogrammée aux Etats-Unis après la diffusion de 4 épisodes. Officiellement pour des raisons d'audience. Mais bon vu le ton de la série, il n'est pas impossible aussi qu'elle aie un peu trop choqué.

Il faut se remettre dans le contexte aussi, le film American Beauty et des séries comme Six Feet Under ou Desperate Housewives n'existaient pas encore. Le côté glauque et anti-politiquement correct de la série a du effectivement braquer un peu le puritanisme américain (en France, les 8 épisodes de la série ont été diffusée avec succès sur Canal Jimmy).

Bon du coup, il y a des défauts.

D'abord le fait que ce qui était très choquant en 1996 l'est nettement moins en 2006 et on est moins conscients, en la voyant aujourd'hui, du côté radical de la série.

Et puis il y a la technologie utilisée, qui se veut moderne mais qui est un peu ridicule aujourd'hui. Pas de téléphones portables mais des gros terminaux dans les voitures, Profit qui joue en permanence avec un ordinateur passant des images en 3D un peu comme dans le film "Le Cobaye" (en moins bien) et qui nous rappellent que, même si on n'a pas forcément fait très attention à ça, la technologie qui nous entoure aujourd'hui était encore de la science-fiction il y a à peine 10 ans.

Et le pire des défauts c'est que la série est inachevée, évidemment. Heureusement que le dernier épisode clôt quand même quelques intrigues, mais il vaut mieux savoir qu'il n'y a pas de fin avant de se lancer parce que sinon c'est horriblement frustrant.

Le coup de bol aussi, c'est l'acteur principal. Son interprétation est excellente, ses regards, ses attitudes, ses émotions sont parfaitement contrôlées et permettent de comprendre le personnage au delà de ce qu'il dit, ce qui devient rare, surtout dans les séries.

Et surtout, même s'il est beau gosse, presentée de façon plutôt sexy, on n'arrive jamais à s'y attacher. On a même presque du mal à le juger.

Bref, c'est jouissif de cruauté, d'hypocrisie, de bêtise et d'orgueil, moi ça m'a bien eclaté et je vous conseille vivement cette série.

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