Vers la fin de 2005, l'habituelle campagne d'inscription sur les listes électorales avait pris une tournure particulière après les émeutes en banlieue.

Inutile de revenir sur les campagnes des rappeurs pour pousser "la banlieue" à faire entendre sa voix parce que ce qui m'avait le plus frappé c'est les mots choisis pour la campagne officielle.

"Si des élections anticipées avaient lieu en 2006 il faudrait vous inscrire dès maintenant pour pouvoir voter".

C'était sûrement la seule idée des publicitaires pour pousser des citoyens à s'inscrire pour une année sans élection mais ça m'est resté en tête. Ton bizarrement prophétique.

Mais il y a quelques temps, après la catastrophique intervention de Chirac pour promulguer la Loi sur l'Egalité des chances, la presse s'acharnait à glisser les mots "présidentielle anticipée" dans ses articles politiques.

Et depuis quelques jours les sous entendus concernent la démission de Villepin. Et, de plus en plus souvent, les journalistes rappellent que le premier ministre sert, sous la Vème République, de fusible au président pour appuyer sur le fait que c'est aujourd'hui le président qui sert de fusible. Et que ce n'est pas bon.

Bizarre, cette quasi unanimité. Pensée unique ? Prédictions ?

En tout cas avec l'affaire Clearstream il semble que le coup porté à la droite soit plus grave que les relents du CPE, la fin du CNE (désormais requalifié en CDI par les instances prud'homales) et on pourrait croire à la chute du couple Villepin-Chirac et, avec eux, de la Vème République (même Jean-Louis Debré, fidèle parmi les fidèles, ne reconnait plus les institutions créées par son Papa).

Et donc s'attendre à une présidentielle anticipée.

Moi qui aime les élections et qui piaffe d'impatience d'être en avril 2007, je dois dire que l'hypothèse d'une présidentielle à la rentrée m'inquiète assez.

Sarkozy est prêt, mais il a perdu son ascendant sur les électeurs d'extrème droite depuis sa "mollesse" sur les manifestations anti-CPE, Royal n'est pas prête et Villepin ainsi que toute la bande à Chirac (même Alliot-Marie est visée par Clearstream et puis il y a le Clémenceau) a sombré sans réel espoir pour la suite.

Donc ce que je crains c'est que Le Pen, grand vainqueur des émeutes en banlieue et des manifestations anti-CPE d'après les sondages et les intentions de vote, profiterait allègrement de la situation et pourrait rêver d'être de nouveau présent au second tour.

Il serait battu, évidemment. Par la gauche, très certainement.

Mais dans ce cas 2002 n'aurait servi à rien.

On va jouer au référendum anti-Le Pen tous les 5 ans après ça ? On n'a pas autre chose à foutre ?

Et les hommes politiques ? Ils n'ont pas assez de boulot pour s'envoyer des Total, des MNEF, des Clearstream ou des affaires Marconi (dès que je peux, je précise) à la tête les veilles d'éléctions ?

Espérons que quoi qu'il arrive, Chirac tienne jusqu'au bout et nous débarrasse, ensuite, définitivement le plancher.

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