Les neufs sages ont donc validé le projet de loi sur l'égalité des chances incluant le C.P.E. et l'ont considéré comme "constitutionnellement correct".

C'est à dire que le Conseil Constitutionnel a fait exactement son travail, sans se laisser influencer par l'actualité ou par les problèmes de la majorité présidentielle (ça a l'air normal vu comme ça mais c'est tellement rare que ça mérite d'être signalé).
Mais voila qui n'arrange pas les affaires de nout'président. Faire passer le texte en seconde lecture à l'assemblée donnerait désormais l'impression d'avoir dérangé le Conseil Constitutionnel pour des queues de cerises et de se tamponner de son opinion.

De plus, d'après "Le Monde" : M. de Villepin mais aussi Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale et proche de M. Chirac, [ont] mis leur démission dans la balance si une seconde délibération au Parlement devait être demandée par le président.

La nouvelle idée semble de dramatiser et d'accorder au mouvement anti-C.P.E. un statut du type mai-68 et de faire un "Grenelle social" (la négociation sur les salaires, qui avait eu lieu rue de Grenelle en 1968 avait permis de sortir de la crise) qui permette de remplacer le C.P.E. sur la base d'un dialogue social le plus large et le plus ouvert possible.
Tout ça parce qu'un présomptueux se prenant pour un grand homme a décidé non pas de "prendre" la France mais de la violer, sans tenir aucun compte des conséquences de ses actes et en laissant Chirac (qui n'est pourtant plus vraiment en situation de régler les crises, on s'en est aperçu l'an dernier) éteindre le feu.

Villepin a donc échoué et s'il se présente en 2007 (ce qui n'est plus du tout évident) il va perdre. Chirac va devoir finir son quiquennat tout seul avec un Villepin carbonisé ou nommer un nouveau (une nouvelle ?) premier ministre.

En tout cas notre "Grand Oracle" va causer dans le poste ce soir à 20h et j'ai hâte de voir ça. Je ne peux pas m'empêcher d'espérer qu'il prenne la mesure de la situation et que son intervention nous surprenne ou crée une dynamique nouvelle…

…mais bon, c'est Chirac, hein.

La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

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