La France a envie qu’on la prenne. Ça la démange dans le bassin. Celui qui l’emportera à la prochaine élection, ce ne sera pas un permanent de la politique, mais un saisonnier, un chenapan, un maraudeur”.

Inutile de préciser que Villepin se voyait très bien en "chenapan" ou en "maradeur" quand il a prononcé cette phrase.

Et même si la France lui crie dans les rues qu'elle n'a pas envie d'être "prise" par lui, il n'arrive pas à envisager une autre façon de faire de la politique. Ce qui le met dans une position très délicate avant la déclaration imminente de Chirac.

Il est donc facile, dans ce contexte, de comprendre son fameux lapsus à l'assemblée quand il a confondu "décision" et "démission". Il y pense donc probablement.

Il est vrai qu'il ne peut plus faire machine arrière. Sa vision de la politique le contraint à se croire au dessus de la plèbe et il refuse catégoriquement que cette "france d'en bas" qui défile dans les rues lui dicte ses choix – ce qui n'est pas forcément surprenant dans la mesure où il ne s'est jamais frotté à une campagne ou à une élection au suffrage universel.

De plus, le Conseil Constitutionnel, par l'intérmédiaire de son président Pierre Mazeaud (86 ans aux prunes, comme dirait le Canard), a fait savoir à Chirac qu'il ne jouerait pas les pompiers en censurant le C.P.E.

Donc la seule façon pour notre éminent président de s'en tirer sans trop de casse sera de demander une seconde lecture à l'assemblée, ce qui est son droit. Mais ce serait un camouflet grave pour son premier ministre et la question de son remplacement se poserait aussitôt.

Et comme Chirac n'a pas trop envie de changer de premier ministre pour le moment, seule la "décision" de Villepin pourrait lui dégager un peu de marge de manoeuvre.

On parie que dans les jours qui viennent Alliot-Marie va se remettre à brasser de l'air sur TF1 en expliquant tout le mal qu'elle pense de la méthode Villepin (sans le nommer) et du C.P.E. qui devra être "corrigé" ?

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