Finalement Diwa laissera une trace à la Réunion.
Il n’était pas violent, ce qui a trop rassuré les météorologues, et très lent, ce qui aura foutu une belle pagaille dans certains coins de l’île, compte tenu des litres de flottes qui nous sont tombés sur le coin de la tronche pendant 7 jours d’affilée, presque sans interruption.

7 jours de ciel gris, d’humidité pesante et de pluie, d’orages et d’éclairs, qui faisaient craindre que le soleil ne se repointerait plus et que plus rien (mais rien de rien) ne serait plus jamais sec.

La Préfet, la trouille aux fesses, avait declenché l’alerte orange.
A son grand dam, il a bien fait.

Le plan de prévention des cyclones a été inefficace à détecter le caractère dangereux de Diwa et donc de fortes pluies, régulières et orageuses alors que les vents n’était pas particulièrement violents.

Des familles entières ont du déménager sous la pluie parce que leurs maisons s’effondraient ou risquaient de s’effondrer, leurs fondations bouffées par une rivière de Saint-Denis (artificielle en plus, on les cumule les conneries artificielles ici), des agriculteurs ont perdu des mois de travail et de nécessaires rentrées d’argent (destinées principalement à nourrir leurs familles, ce sont surtout les Hauts qui ont été touchés, donc pas forcément les agriculteurs les plus fortunés), tout le monde à son niveau à eu de petites ou de grosses emmerdes.

Mais bon le soleil est revenu aujourd’hui et le chikungunya commence à calmer sa propagation, on va pas se plaindre non plus.

En parlant de chikungunya, Villepin n’a toujours pas confirmé ni infirmé avoir été touché. En revanche, les infos locales ont retransmis une interview le matin avant qu’il se fasse piquer où à la question « Avez-vous mis de la crème anti-moustiques ? » il avait un air qui suggérait que ça lui était totalement sorti de l’esprit en répondant « Euh… Oui, oui ! »

En tous cas, chikungunyé ou pas, vu sa chute dans les sondages il a des effets secondaires encore jamais observés par les scientifiques chargés – dans l’urgence – de comprendre cette maladie, désormais supposément mortelle.

Finalement il semble que les méfaits de la crise « polit-chik » s’abattront sur Villepin (un peu), sur les Dupondt, euh pardon, les Bertrand (Léon, Tourisme et Xavier, Santé) sans doute un peu plus et peut-être sur Barouin, même s’il s’est montré le plus préoccupé et le plus humain…
Bref, pas trop sur les élus locaux, la population feignant d’ignorer la bêtise crasse de Madame Dindar, présidente du Conseil Général, qui se réfugie derrière des lettres adressées à « Paris » pour expliquer avec un air sérieux que c’est la métropole qui doit payer la lutte anti-vectorielle (comprenez le serial killage de moustiques) et d’en déduire que « c’est pas sa faute » même si c’est elle qui aurait dû s’en charger – au moins depuis son élection en 2004 – ce qui nous aurait évité bien des ennuis et peut-être une future récession économique réunionnaise. Mais bon si elle peut coninuer à nommer ses potes et ses cousins à des postes bien payés, elle s’en fout un peu de la récession. Comme quoi on peut être une femme politique musulmane et être une arriviste brasseuse d’air et sans aucune éthique ou compétences. Voila qui nous rassure sur la parité homme-femme.
L’infatigable Virapoullé passe au travers, lui aussi, alors qu’il a réussi à démoustiquer uniquement les quartiers de sa circonscription en plein crise chikungunienne et à se tirer en Australie pour éviter de trop se mouiller… A côté de Virapoullé même Chirac passe pour un homme politique honnête et avisé.

Il y a des jours comme ça où ils m’énervent plus que d’autres, mes congéneres. Il suffit parfois d’un regard, d’une réflexion stupide ou d’une incivilité (rarement gravissime) sur la route et je sens monter en moi une espèce de colère que j’ai découverte ici. Une colère qui a toujours beaucoup de mal à redescendre.
Ca m’arrive de moins en moins – presque plus à vrai dire – mais je sens bien que je suis toujours prêt à chauffer et je me dit que je comprend (toutes proportions gardées, évidemment) la « haine » que certains peuvent développer face au racisme ordinaire.

Je ne sais jamais trop comment réagir face à ça. Le silence est souvent ma réponse mais parfois j’ai quand même besoin que ça sorte et le tout est alors de le faire correctement.
Sinon ça peut vite déborder et – j’en ai eu l’expérience à mon arrivée ici – je deviens rapidement le plus agressif et le plus méprisant des deux.
Ce que je préfère éviter, bien entendu, ne serait-ce que pour continuer à dire sereinement que les gens racistes sont des abrutis qui ont bu trop d’eau de Javel.

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