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Le candidat du PS pour 2007 sera donc une candidate. Les militants socialistes l’ont plebiscitée à environ 60% des suffrages.

Ce score évitera les ricanements sur les divisions internes au PS (désormais la droite paraît plus divisée) et donne à la compagne du premier secrétaire une légitimité qui va lui être utile dans les semaines et dans les mois qui viennent.

Une femme a donc, pour la première fois en France, une chance de conquérir l’Elysée.

Faut voir le bon côté des choses.

Le taux de chômage, dont la baisse semble pouvoir être attribuée à la providence, est en train de rejoindre ses niveaux les plus bas.

Du coup, on a très envie de savoir à quels moments ce taux a été le plus bas ou le plus haut afin de rire ensemble du contexte politique dans lequel il s’est produit (si tant est que ce contexte puisse avoir le moindre lien avec l’emploi, ce qui est un autre débat).

Lorsqu’on observe la courbe de l’évolution du chômage en France, on voit que les pics les plus bas ont été atteints à la rentrée 2006 (8,8%), au deuxième trimestre 2001 (stagnation à 8,6%), à la rentrée 1990 (8,8%) et en mars 1983 (8,2%).

Autrement dit, le taux de chômage actuel est en train de frôler un record atteint en 2001 et qui n’avait pas d’équivalent depuis 1983 !

Les pics les plus hauts, quant à eux, ont été atteints en juin 1994 (12,3%), septembre 1996 (12,2%) et juin 1997 (encore 12,2%).

Les socialistes se féliciteront rapidement de voir qu’à part cette année, les meilleurs résultats ont été obtenus sous leurs gouvernements, celui de Mauroy en 1983, de Rocard en 1990 et surtout celui de Jospin (meilleur score depuis 18 ans et chute vertigineuse de 12,2 à 8,6 en quatre ans) en 2001.

Les membres de l’actuelle UMP et de l’ancien RPR, un peu vexés d’avoir gouverné au moment des taux les plus catastrophiques (gouvernement Balladur en 1994 et Juppé en 1996 et 1997) répondront (ils le font déjà) que les socialistes ont artificiellement fait baisser les chiffres du chômage en créant des “contrats aidés” (finançés en partie ou totalement par l’Etat) et en embauchant des fonctionnaires.

Ce débat reprendra, à n’en pas douter, dès que le PS et l’UMP auront choisi celui ou celle dont la tâche sera d’être le plus teigneux possible envers l’autre camp et de déployer la plus belle mauvaise foi possible, comme il est de mise notamment sur le sujet de l’emploi.

La bonne nouvelle c’est que le prochain ou la prochaine locataire de l’Elysée sera le chef d’Etat dont le mandat verra le taux de chômage le plus bas depuis 1981, quel que soit le camp vainqueur en 2007.

On peut comprendre que, dans ce contexte, la place soit tentante.

NDH : Ce qui est à prévoir également, c’est que le sujet du chômage en France glisse, de plus en plus souvent, sur la difficulté qu’ont les entreprises à embaucher du personnel ou l’obligation qu’elle auront d’embaucher des étrangers. Ca commence déjà…

“Sacré Sarko, atlantiste en Amérique pour plaire à ses mentors, tiers-mondiste au Sénégal pour doubler Ségolène… et Français de retour en France, sitôt qu’il chute dans les sondages”, a raillé le président du Front national, devant un public enthousiaste. “Fabius le comparaît à un caniche mais il a tort. Comme animal politique, il tiendrait plutôt du caméléon”, a-t-il poursuivi.

M. Le Pen s’est est ensuite pris à Ségolène Royal “qui en fait le moins possible”, pour ne pas montrer les mêmes “incohérences” que M. Sarkozy. “C’est Lady Nunuche ou la fée Gribouille” qui “se tait, déjà échaudée par ses multiples bourdes”, a déclaré le leader du FN. LE MONDE, 13.11.2006.

La vétéran de la vie politique française a donc décidé de frapper fort pour son entrée en campagne et, comme d’habitude, il mettra les rieurs de son côté.

Désormais habillés pour l’hiver, on souhaite à Lady Nunuche de gagner l’élection interne du PS jeudi et au Caméléon d’être désigné en janvier par l’UMP.

“Vous avez été accusée de populisme par vos adversaires qui vous mettent dans le même sac que Nicolas Sarkozy. Qu’y a-t-il de commun entre sa démarche et la vôtre ?

- Rien. Je n’ai absolument pas la même conception de la responsabilité politique. Je suis socialiste, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres. Le populisme, c’est cela. Moi, au contraire, je crois à l’intelligence collective d’un peuple majeur auquel je fais appel” (*)

Fais attention, Ségolène, ça commence un peu à se voir maintenant… Et puis tu nous flatte tellement qu’on va finir par croire qu’on peut se passer de toi.

Tu ne voudrais pas qu’on te le montre, notre majeur ?

***

(*) Extrait d’une interview publié dans Le Monde d’aujourd’hui.

Depuis le début de la campagne de la présidente picto-charentaise, des voix s’élèvent pour indiquer le risque que représentent sa personnalité et sa stratégie.

Le problème de ce genre de remarque est qu’il vient souvent des élus qui ont choisi un autre poulain pour la candidature PS ou d’élus qui ont du mal à céder leur place à une femme (évitons de parler de misogynie pour le moment).

Mais, ces jours-ci, quelques détails qui me paraissent curieux, ont tendance à m’inquiéter sur la capacité de Royal à tenir la route jusqu’en avril 2007.

Tout d’abord il y a « l’effet narcisse », dont elle vient de donner, sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, une démonstration par l’absurde.

« Mon opinion est celle du peuple français », répond-elle quand on lui demande de donner sa position sur le sujet.

[Au passage, cette phrase n’est pas sans rappeler la remarque de Sarkozy « Aller contre moi c’est aller contre l’opinion publique ».]

On en arrive à une extrême ou Royal ne se définit plus que comme un miroir de l’opinion, c’est-à-dire, pour le moment, des sondages.

Il est difficile de croire que Royal n’a pas d’opinion personnelle sur le sujet, ce qui fait que dès qu’elle sera amenée à débattre avec quelqu’un qui défend une position quelconque, elle risque d’être mise devant ses contradictions et perdre une partie de sa crédibilité.

Ce qui m’amène directement au deuxième point critique de la stratégie de Royal : le refus du débat.

Les journaux ont fait leurs choux gras de l’attitude discourtoise – et injuste – dont elle a fait preuve devant une militante bretonne (la fameuse Nolwenn) dernièrement et beaucoup ont glosé sur le fait qu’il était plus facile d’attaquer une militante quand on était à la tribune, soit en position de force, qu’un autre politique qui serait mis sur un plan d’égalité, ce qui est le principe du débat.

Or, les candidats à l’investiture PS doivent subir, prochainement, trois débats devant les militants socialistes et un sur la chaîne parlementaire LCP-AN.

Royal n’est pas motivée pour ces débats et le dit assez clairement “j’irai, parce que je ne veux pas qu’on dise : elle refuse.”

Peut-on aller jusqu’à dire qu’elle en a peur ?

En tout cas, depuis que le PS discute de l’organisation de ces débats, c’est l’équipe Royal qui a demandé les aménagements les plus étranges (voir ici).

Enfin, dans la « profession de foi » que les trois candidats PS viennent d’envoyer aux socialistes – leurs futurs électeurs – Royal se contente d’un festival d’eau tiède, se référant uniquement au programme officiel du PS, oubliant toutes les propositions qui ont fait l’originalité de sa candidature – en la conduisant au zénith des sondages – et mettant l’accent sur sa féminité (voir ici). Que dirait-on si Fabius et Strauss-Kahn mettaient l’accent sur le fait qu’ils sont des hommes ?

Alors est-ce que Royal n’est tout simplement pas à la hauteur (on a le droit de se poser la question qu’elle soit une femme ou non, n’est-ce pas ?) ou est-ce qu’elle « se réserve pour la suite » (i.e. après sa désignation comme candidate PS pour 2007) comme elle le dit elle-même ?

En tout cas, si elle veut être présidente de la République, il vaudrait mieux qu’elle ait réellement du “petit bois pour l’hiver”, parce que comme dirait l’immense Raffarin, celui-ci risque d’être long (*).

***

(*) « […] les victoires promises à l’automne ne sont pas acquises au printemps. Un long hiver nous sépare de l’élection » J.P. Raffarin, oct. 2006.

Cette semaine, deux responsables politiques ont annoncé des décisions allant à l’encontre de l’image que l’on peut avoir de nos élus qui ressembleraient (comme dirait Villepin sur les fonctionnaires) à des “moules qui s’accrochent au rocher“.

Tout d’abord Hollande, qui a annonçé qu’il ne serait pas candidat à l’investiture P.S. pour la présidentielle de 2007.

Quand on le titille sur le sujet (comme hier à 7h50 sur RTL, par exemple) en lui rappelant qu’il était le plus légitime à le faire, car il est de tradition au P.S. que le premier secrétaire soit candidat à la présidentielle, il répond avec une sincérité désarmante, que le rassemblement n’était pas possible autour de sa personne et que sa responsabilité était, donc, de ne pas concourrir.

C’est un peu ce qu’a dit Jospin la semaine dernière, mais la différence est que l’ancien premier ministre n’avait pas de raison institutionnelle de se présenter alors que Hollande, oui.

De plus, le raisonnement montre une lucidité politique et un sens des conséquences qui inspirent, je trouve, un certain respect.

[Parce que quand Lang annonce qu'il ne se présente pas "dans l'intérêt du P.S." il oublie de dire qu'il n'avait pas réuni les parrainages nécessaires et qu'il a pris peur en voyant les sondages. A aucun moment il n'a dit qu'il avait pris conscience que sa candidature ne "créait pas des conditions de rassemblement au P.S." et il a continué sa partie de poker menteur jusqu'au bout, histoire - à mon avis - de négocier une place au soleil en cas de victoire de la gauche en échange de son désistement.]

A droite, au même moment, Balladur prend une décision à première vue un peu surprenante quand on se souvient des critiques émises à son encontre quand il était premier ministre et qui avaient souvent à voir avec son immense orgueil.

Il vient d’annoncer qu’il ne briguerait pas son actuel poste de député de Paris afin de laisser “la place aux jeunes”, ce qui, en langage balladurien, se dit “[au] renouveau des idées et des méthodes doit correspondre celui des personnes.

Dans le même temps il faut tout de même ajouter que Hollande n’a pas pu s’empêcher de faire remarquer que la candidature de sa compagne s’était imposée, semblant ainsi prendre parti pour une candidature en particulier (ce que son rôle de premier secrétaire devrait lui interdire) et que Balladur en a profité pour balancer une petite vacherie via un de ses porte-flingues. Une vacherie qui semble destinée à Chirac.

“A partir d’un certain âge, Edouard Balladur considère qu’il faut savoir passer le témoin”, Nouvel Obs. 06/10/2006.

En cette période de concert d’ambitions et d’orgueil où le personnel politique joue sa propre caricature pour flatter les instincts primaires des citoyens que nous sommes, je trouve qu’il serait de bon ton de saluer ceux qui, de temps en temps, sont capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez.

Pour peu qu’ils soient sincères, évidemment.

Invité au Grand jury RTL-Le Monde-LCI, l’ancien ministre de l’Economie s’est prononcé pour une suppression progressive des régimes spéciaux des retraites”. NOUVELOBS.COM | 02.10.06 | 07:31

A moins, bien sûr, que les socialistes soient toujours dans l’opposition après les élections de 2007.

Vu que Fillon et Sarozy ont déjà dit qu’ils étaient prêts à gouverner “contre la rue” sur ce sujet, on pourrait penser qu’un DSK dans l’opposition ne se gênerait pas pour oublier ce qu’il a dit, hier, pour défiler avec les syndicats en revendiquant l’héritage des “acquis sociaux”.

Toujours est-il qu’un socialiste qui tient ce langage a de grandes chances de, bientôt, profiter de sa retraite.

Et dis donc, Dominique, et ta retraite “spéciale” d’ex-ministre, tu vas y renoncer aussi, alors ?

Demain soir sera décerné le prix “Humour & Politique” sous l’égide du Press Club de France.

Ce prix est decerné aux hommes et femmes politiques en fonction de la drôlerie (et parfois de la bêtise) d’une ou plusieurs de leurs petites phrases de l’année.

Par exemple, cette année sont nommés :

Dominique de Villepin pour son involontaire “Le pétrole est une source d’énergie inépuisable qui va se faire de plus en plus rare“.

Nelly Olin (notre immense ministre de l’écologie et du développement durable) pour son involontaire Je trouve qu’on a tellement de choses à se mettre dans la tête qu’il est inutile de s’encombrer le cerveau” (ce qui prouve à ses détracteurs qu’elle en a donc un).

Azouz Begag (notre très efficace ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances) pour son probablement volontaire “Je ne suis pas l’arabe qui cache la forêt “.

Pascal Terrasse (député PS de l’Ardèche, parlant du retour de Lionel Jospin) pour son volontaire “C’est la première fois qu’un déserteur passe ses troupes en revue.

Et, sans vouloir être exhaustif, car la liste est longue, sera nommée également Ségolène Royal pour son Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit.

L’an dernier c’est Nicolas Sarkozy qui avait gagné le prix, grâce à une phrase dont l’humour était très probablement involontaire car il avait déclaré “Je ne suis candidat à rien“.

Du coup, en attendant de savoir qui a gagné le prix en 2006, je vous propose un petit florilège, très personnel, des petites phrases qui ont été nommées ou ont gagné ce prix, depuis sa création en 1988 :

“Votre peuple a eu l’intelligence de vous élire deux fois” (de Valéry Giscard d’Estaing à Benazir Bhutto).

“C’est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit : je le dis d’autant plus aisément que c’est moi qui l’ai écrit” (du même Giscard, à propos du Traité de Constitution Européenne).

“Ce n’est pas parce que nous sommes un parti charnière qu’il faut nous prendre pour des gonds” (Hervé de Charette, à propos du PPDF, enterré aujourd’hui – le parti, hein, par Charette). Celle-là je crois que c’est ma préférée !

“Je ne suis pas sûr qu’on prenne de la hauteur en montant sur une table” (François Baroin, à propos d’Edouard Balladur).

“Les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en fabriquent” (Jacques Godfrain, député UMP de l’Aveyron).

“Voici que s’avance l’immobilisme et, nous ne savons pas comment l’arrêter” (prix du souvenir à l’ancien président Edgar Faure).

“Les veuves vivent plus longtemps que leurs conjoints” (Jean-Pierre Raffarin, qui a eu un prix spécial en 2003, pour l’ensemble de son oeuvre).

Ils vont s’apercevoir que je suis assez con pour aller jusqu’au bout” (Dominique de Villepin, en pleine crise du CPE).

“Je préfère dire voici mon projet que mon projet c’est Voici” (Laurent Fabius à propos de Ségolène Royal), qui n’est pas ma préférée mais qui justifie l’image utilisée ici, qui est désormais une des campagnes publicitaires du magazine en question).

Vivement demain, en tout cas, et gageons que l’année électorale qui commence nous offrira un palmarès inoubliable pour le prix 2007.

P.S. : Le prix a finalement été attribué à Ségolène Royal pour son hit “Même quand je ne dis rien, ça fait du bruit”. Félicitations à elle !

P.S.S. : Ce billet a été publié par agoravox.com

Hollande m’avait déjà prouvé qu’il était un fidèle lecteur de mon blog, et, aujourd’hui, c’est son prédecesseur à la tête du P.S. qui en fait la démonstration.

Ce matin, sur RTL, Jospin a annoncé, apparemment avec un certain soulagement, qu’il ne briguerait pas l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.

Contrairement à l’annonce de son “retrait de la vie politique” en 2002, il indique qu’il sera aux côtés de ses camarades socialistes dans les échéances qui viennent…

…et qu’il ne votera pas pour Royal à la consultation interne.

Merci, Lionel, de laisser le P.S. tourner la page des années 1995-2002, mais entre nous, tu veux bien “briser l’armure” une dernière fois pour nous confier un truc qui nous sera certainement utile dans les temps à venir ?

Pourquoi elle te hérisse tant que ça, Ségolène ?

La presse nous présente souvent Jospin comme un homme qui n’aurait pas assez la “rage de vaincre” et explique, notamment, par ce trait de personnalité, son échec à la présidentielle de 2002.

On nous rebat ainsi les oreilles de l’éducation protestante de l’ancien premier ministre, qui serait plus prompt à se sacrifier dans l’intérêt collectif qu’à cultiver d’honteuses ambitions personnelles.

Soit.

Mais il ne faudrait tout de même pas oublier que le pauvre sacrifié avait prévu son coup de longue date et qu’il n’est pas trop aisé de voir le moindre sens de l’intérêt collectif dans ses actions depuis.

Tout d’abord, en quittant ses fonctions le fameux 21 avril 2002, il avait pris soin de se retirer de la vie politique sans prononcer le mot “définitivement” et de concentrer, dans la foulée, tous ses potentiels successeurs au sein du bureau du P.S.

L’idée était simple, le concert d’ambitions personnelles créerait un cafouillage médiatique tel que les adhérents et sympathisants du P.S. finiraient par implorer le grand Lionel de revenir guider leurs pas.

Entre temps, la désormais célèbre pin up du Times, la compagne du premier secrétaire, a réussi à se faire un prénom et Lionel a du revoir sa stratégie, dans l’urgence, à la veille des vacances scolaires d’été.

A un moment où personne ne l’attendait plus, voila “l’austère qui se marre” qui annonce, non pas qu’il est candidat, mais qu’il est “disponible”.

Personne ne lui répond gentiment qu’il n’est plus nécessaire comme le recours qu’il espérait représenter, du coup il prend pied dans le cafouillage médiatique qu’il avait lui même mis en place.

Arrivé à la rentrée, il emprunte (tout en la critiquant vertement) la tactique de Royal et, au lieu de faire une campagne de terrain en faisant des propositions, il fonce à la télé le plus souvent possible pour y parler, pendant des heures, d’un seul sujet. Lui-même.

Quand il comprend, enfin, que sa stratégie de “recours” à pris l’eau, il décide de rencontrer les candidats potentiels pour leur demander de se désister en sa faveur. On suppose qu’il leur fait des promesses à la hauteur du sacrifice espéré.

En oubliant de prendre rendez-vous avec Ségolène (on se demande bien pourquoi), il demande à Dominique, à Jack et à Martine de se rallier sous son panache blanc.

Résultat : Dominique crie, un peu vexé, qu’il est toujours candidat et prend ses distances avec son ancien chef de file, Jack – qui n’y croyait déjà plus – attend encore afin de ne pas sacrifier ses relations royales et Martine ne dit toujours pas qu’elle jette l’éponge.

Encore raté.

Finalement, il fait ce qu’on croyait impossible. Il fait alliance avec son meilleur ennemi d’hier, Fabius, pour lui proposer un de ces petits accords pourris dont la politique ne sort jamais grandie.

Celui des deux hommes qui sera le mieux placé au premier tour (de la consultation interne socialiste de novembre) se désistera pour le second, dans l’objectif de battre la compagne de Hollande.

Alors, dans le rôle de l’homme politique “au dessus de tout ça” qui ne revient que si c’est nécessaire, notre très regretté premier ministre est-il vraiment crédible ?

Et quelle était la seule raison de voter Jospin en 2002, si ce n’est la réputation d’intégrité qu’il s’était faite ?

Du coup, en 2007, on risque de trouver encore moins de raisons de sortir de nos cases un dimanche pluvieux pour essayer de sauver la carrière personnelle de “l’austère qui se marre mais qui pleure aussi des fois s’il pense que ça peut lui être utile”.

Alors ces jours-ci, quand les journalistes et ses petits camarades se joignent, tels des loups, dans un concert de hurlement sur le thême “Si tu as envie d’y aller, dis-le”, moi j’ai surtout envie qu’on se mette à chanter une chanson différente.

Sois gentil, Lionel, tire-toi.