Il y a une dizaine d’années, j’ai rencontré une femme qui s’offrait, tous les ans, un séjour dans un hôpital psychiatrique et qui m’avait expliqué qu’elle souffrait de “dépression endogène”, ce que j’ai fait semblant de comprendre instantanément, car mon orgueil était (est ?) grand. Or je n’avais rien compris du tout, jusqu’à ces jours-ci :
Endogène veut dire “qui prend naissance à l’intérieur du corps” (contrairement à “exogène”).

Cette dame souffrait donc d’un désordre bipolaire.

Et j’ai failli, il y a quelques jours, demander moi-même mon hospitalisation, tant il devenait difficile de gérer mon quotidien, de manger, de me laver ou même de supporter la lumière du jour (ne parlons même pas du bruit).

Apparemment, ce n’est pas encore (et ce ne sera peut-être jamais, qui sait ?) utile.

Ces derniers jours, où mes fonctions physiques et intellectuelles se réveillent l’une après l’autre, j’ai consulté de nombreux sites internet pour confirmer le diagnostic de mon médecin et m’assurer qu’il ne me prescrivait pas n’importe quoi (si ça vous tente, voici les sites en question).

Et il m’a semblé (je ne suis pas médecin, malheureusement) que je suis atteint d’un trouble bipolaire de type 3, soit des phases dépressives avec des composantes maniaques et le risque de “virage maniaque” sous anti-dépresseurs (qui est déjà avéré).

Ce qui veut dire qu’en ce qui me concerne, le traitement idéal est un stabilisateur de production de sérotonine (en l’occurrence, le lithium) en évitant les anti-dépresseurs tant que c’est possible durant les phases dépressives ainsi que les neuroleptiques durant les phases maniaques.

Or, le principal risque de cette maladie tient dans les phases dépressives car même si les phases maniaques peuvent être impressionnantes, il vaut mieux se faire arrêter par les flics parce qu’on chante la marseillaise en pleine nuit ou qu’on poursuit, la langue baveuse et les yeux hallucinés, de jolis garçons dans la rue, plutôt que de se laisser aller au risque principal de la phase dépressive qui est le suicide.

Il semble, en effet, que 20% des personnes atteintes de troubles bipolaires finissent par mettre fin à leurs jours, tant la souffrance mentale peut devenir importante.

Mais ces suicides interviennent, si j’ai bien compris, chez des personnes qui ont du mal à accepter le diagnotic, qui n’ont pas travaillé sur leurs névroses ou qui interrompent leur traitement pour retrouver, avec joie et bonne humeur, ce qu’elles gardent comme un excellent souvenir : les épisodes maniaques.

Or je ne correspond, sur aucun de ces points, à cette définition.

Je m’en vais donc continuer à me placer comme acteur principal de mon traitement, prendre mes petites pilules le plus longtemps possible (il paraît qu’il y a des guérisons, finalement) voire tout au long de ma vie si nécessaire.

Ce n’est pas cher payé pour avoir la paix, je trouve…

NDH : il y a encore quelques personnes proches, dont certains lisent ce blog, que je n’ai pas recontacté, ni par mail ni par téléphone, malgré la gentillesse de leurs messages. Qu’ils tentent de ne pas m’en vouloir. Je finirai par le faire, et avec plaisir, dès que ça me deviendra vraiment plus facile.