Depuis huit jours, mon petit frère ne respirait plus que par respirateur, plongé dans un coma artificiel censé le soulager de la douleur provoquée par ses multiples fractures du crâne, alors que le même coma augmentait notablement la trouille viscérale ressentie par les membres de sa famille.

Passé le risque de multiples complications gravissimes dont j’oublie déjà le détail, ses médecins ont considéré qu’il était désormais suffisamment indépendant pour se passer de tous les appareils qui assuraient ses fonctions vitales.

Le soulagement que je ressens – alors que mon billet d’avion est déjà prêt – est suffisamment fort pour me faire oublier provisoirement que rome ne s’est pas faite en un jour et que nul ne sait pour le moment quelles aptitudes intellectuelles le frangin va retrouver lors de ce qui ressemble un peu à une seconde naissance.

Mais au diable la raison, pour le moment l’heure est au champagne !

NDH : Si j’étais croyant, je demanderais à ma divinité préférée d’interdire à tous mes proches la pensée, même fugace, de grimper sur un toit.