Après leur extraordinaire succès parisien, les “Enfants de Don Quechua” entament une tournée en province (Lyon, Lille, Toulouse, Rennes…) histoire de faire signer leur charte (ce que vous pourrez faire ici) et de montrer le (très joli) minois de leur président Augustin Legrand (que le Nouvel Obs, un peu fâché avec les prénoms en ce moment, persiste à appeler Jean-Baptiste) jeune comédien de 31 ans dont certaines mauvaises langues disent qu’il avait bien besoin de toute cette publicité vu qu’il ne tourne plus depuis 2005.
Entre temps Hollande s’est empressé de signer la charte au nom du PS, histoire de donner raison à la sous-ministre Vautrin au sujet de la récupération politique quéchuienne du côté de l’opposition.
Aujourd’hui Le Monde indique hardiment qu’après le débat sur la scolarité des enfants étrangers en juin et les expulsions de Cachan cet été, un troisième sujet de société s’impose et pèsera sur la présidentielle de 2007 : celui des sans-abris.
De bons sentiments, une mobilisation nationale, un brin de récupération politique… les ingrédients sont donc réunis pour faire un joli feuilleton d’hiver, vendre des tentes Quechua et meubler le 20h de TF1.
Si ça se goupille bien, Besancenot et Buffet finiront par hurler dans un porte voix au milieu de tentes rouges, Royal fera de belles promesses pendant que la droite se prendra les pieds dans le tapis (la fameuse sous-ministre se vautre pas mal, déjà) et rendez-vous sera pris pour avril 2007.
Du coup, même si la démarche de l’association quéchuienne est sincère (et pourquoi en douter ?), quel sera son impact sur la vie quotidienne des sans-abris ?
Comment croire que le personnel politique fasse réellement avancer un sujet quelconque alors que le ping pong démagogique pré-présidentiel a commencé depuis plusieurs semaines ?
NDH : Et comment en vouloir à ceux qui ironisent sur la marque des tentes deployées sur le Canal Saint-Martin ?

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20 janvier 2007 à 9:04
beloue
Un abbé pierre des temps modernes…
Les sans abris sont toujours sous les tentes, et attentent comme leur valeureux chevaliers “un bail et une clé”, ce qui semble malheureusement utopique au vue des situations de certains sans abris.
Certains très connus pour des problèmatiques qui dépassent la rupture et l’expulsion, ont déjà eu accès à plusieurs reprises à des structures dhébergement quelles soient temporaires ou perrennes et sont retombés.
Pour ces personnes un suivi spécialisé serait de mise, mais ils sont tellement sous le charme des promesses que les EDQ peuvent leur faire qu’ils ont décidé de couper les liens avec les travailleurs sociaux, le 115.. Ce qui fait qu’il est difficile d’obtenir quoi que ce soit.
Avec ces désillusions perdues, ils sont sous les tentes, ruminent, pensent, et se battent en core une fois les uns contre les autres et non plus ensemble contre une même cause.
Certains responsables de sites sont englués dans des luttes intestines de pouvoirs, me direz vous, qui n’a pas déjà vu ça dans l’associatif, mais lorsqu’un mouvement si jeune né, et qu’il n’est pas pensé et structuré , il ne peut qu’en résulter ce genre de difficultés.
A Strasbourg 2 portes paroles, les SDF n’en font pas parti ( qu’en penser? pour un mouvement démocratique, ils ne sont tous pas tox, alcoolique et quand bien même?), et une cacophonie qui met les institutionnels et travailleurs sociaux face à un problème qui écouter pour que les autres soient entendus?
Et puis je ne parle pas des personnes sans papiers qui ne font encore une l’objet d’aucune attention de la part de la militance de ce mouvement, qui en effet a eu le mérite d’éclater d’amener d’une manière très forte et médiatique le débat sur la place publique, qui n’a pas pris le temps de “penser” aux implications d’une telle adhésion…
marie laure