Depuis peu, j’ai mis dans la catégorie “Babouk” (une araignée créole) un lien sur le blog de Maître Eolas, baptisé Journal d’un Avocat.
Non seulement parce que j’apprécie particulièrement quand ce monsieur observe l’actualité avec son oeil de juriste (et apparemment pas débutant) mais aussi parce qu’il a créé un prix Busiris qu’il accorde aux personnalités publiques si leurs discours remplissent ces trois conditions : “être juridiquement faux, être contradictoires avec eux-même dans un laps de temps relativement bref, et de mauvaise foi“.
Je n’ai pas les compétences ni le style de Maître Eolas, mais j’ai decidé de lui piquer son idée en créant un prix “Gavroche”.
Pour obtenir ce prix il faudra être un(e) politique français(e) et tenir un discours qui remplisse les trois conditions suivantes : renier ses responsabilités en les transférant sur le voisin, être de mauvaise foi, c’est à dire être motivé par des raisons qui ne figurent pas dans le discours officiel et, enfin, être utiles à l’élection (ou la réélection) de son auteur dans un temps relativement court (un an maximum).
[La deuxième condition étant sujette à caution (mais elle est marrante, il faut la garder) je ne me contenterai pas de mes propres impressions mais je devrais, en sus, citer un journaliste professionnel publié]
Par exemple, quand Vergès (président du Conseil Régional de la Réunion) laisse la route du littoral fermée après un éboulis en indiquant que c’est à Perben (Ministre des Transports) de prendre ses responsabilités, il remplit la première condition. Quand il affirme que c’est pour des raisons de securité alors qu’il veut faire voter le pharaonique budget du tram/train à un moment où tout le monde est emmerdé par la fermeture de la dite route, il remplit la seconde. Mais comme les prochaines élections régionales n’auront pas lieu dans moins d’un an, le prix ne peut pas lui être attribué.
Je proposerai donc, de temps en temps, des candidats au Prix Gavroche qui seront réellement intronisés au moins 24h après le post, afin que chacun puisse vérifier si les arguments que j’avance se tiennent et les contester si nécessaire.
Ca vous va ?
***
On est laid à Nanterre,
C’est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C’est la faute à Rousseau.
Je ne suis pas notaire,
C’est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C’est la faute à Rousseau.
Joie est mon caractère,
C’est la faute à Voltaire
Misère est mon trousseau
C’est la faute à Rousseau.
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Victor Hugo – Les Misérables (chanson de Gavroche)

3 comments
Comments feed for this article
7 juillet 2006 à 11:14
bab
j’ai hâte de voir la première proposition!!!!
et merci de m’avoir fait découvrir Me Eolas, je n’ai lu que 2 billets mais j’adore…
14 juillet 2006 à 9:17
Héron change de nid » Parler pour ne rien faire
[...] Ca commençait doucement à sentir le prix Gavroche, surtout qu’il a dit que ses rapports personnels avec Sarkozy étaient bons (et Clearstream c’était juste une idée de Villepin alors ?) mais comme tout le monde sait – lui compris – que Chirac ne se représentera pas, ça ne compte pas. [...]
17 juillet 2006 à 9:05
Héron change de nid » Sainte Providence, travaillez pour nous !
[...] C’est le prix Gavroche, mais à l’envers. Au lieu d’attribuer ses propres erreurs au voisin, Chirac (mais, avec lui, Villepin et Borloo) s’attribue les mérites de la providence. [...]