C’est fou comme mettre un nom sur les choses simplifie la vie et modifie la perception qu’on en a.

Vendredi dernier, par exemple, mi té parti au Boy’s ek mes dalons.

La musique était nulle, la boîte était bondée et, au bout d’une heure, j’ai eu une irrestitible envie de sortir prendre l’air. Ce que j’ai fait.

Vu que la boîte est gratuite ce n’est pas trop un problème mais quand ce n’est pas le cas je vais m’enfermer aux chiottes le temps que le sentiment d’abrutissement passe.

Parfois, ce moment de solitude pouvait ne pas être serein (genre “je suis trop malheureux d’être aussi inadapté, mon Dieu, mon Dieu pourquoi tant de haine ?“)”, vendredi dernier je me suis dit “Bon, faut juste 5 minutes pour que ça passe, fumons donc une bonne grosse clope” (une fois revenu je n’ai pas tenu deux minutes avant de déclarer forfait mais au moins j’ai évité les questionnements existentiels).

Certains styles de musique – ou certains morceaux – ont tendance à me hérisser le poil et je suis mal à l’aise physiquement quand je les entend (surtout en boîte) et une fois que je suis dans cet état ce n’est pas évident d’en sortir.

[Dans la première boîte - de blaireaux - où j'ai travaillé en tant que DJ j'avais même fait grève pendant les 10 minutes nécessaires à passer "La Danse des Canards" et "La Chenille" - parce que, niveau hérissement de poil, ces trucs battent des records chez moi, à me foutre en boule pour le reste de la soirée (et allez donc faire danser les gens quand vous êtes en pétard) obligeant un collègue à me relayer provisoirement, passant pour le petit con snobinard de service qui va fumer sa clope dehors pendant que les vrais gens du peuple s'amusent - mais j'assume bien le côté snobinard, de toutes façons.]

Ces derniers temps j’ai eu plusieurs épisodes de migraine ophtalmique (en général ça dure 3 jours sans arrêts) et je me suis mis à les vivre mieux. Avant je me tortillais sur mon lit, tentant de résister à l’envie de m’éclater la tête contre le mur (sans compter le “mon dieu mon dieu, j’ai un cancer“) maintenant je vais sur Internet pour trouver l’adresse de la pharmacie de garde et je me shoote jusqu’à ce que ça passe.

En plus, ces temps-ci, au “boulot”, on se met à me parler d’organiser mon traditionnel “pot de départ” et j’ai indiqué un peu abruptement que je n’en ferai pas. Je m’arrange toujours pour avoir la réputation du “type qui n’aime pas les pots”, parce que ce genre de trucs m’abrutit de façon particulièrement rapide (c’est souvent instantané) et efficace.

Mais qui voudrait rester de longues minutes debout, dans une pièce entièrement remplie d’émotions contradictoires, en contradiction même avec les expressions des gens qui les ressentent, leurs paroles qui deviennent vite incompréhensibles (du coup), dans un brouhaha insupportable pendant que tous les radiateurs se mettent brusquement au maximum ?

Ajoutez à ça un beau gros néon tout blanc, qui va parachever le travail par une petite migraine et vous comprenez bien que je préfère passer pour un con un peu méprisant que me tamponner ce genre de manifestation.

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- Ou lé chochotte vraiment, alors ?

- Ben ! (petit hochement de tête sur le côté)